Serre tomate en Picardie : réduction de 20 % sur la facture d’énergie
Cette étude de cas présente les résultats obtenus sur une serre de tomates en Picardie. L’exploitant cultivait des tomates sous une structure verre multichapelle de 4 200 m², chauffée au gaz naturel. Sa facture énergétique atteignait 89 000 € par an avant intervention. Après installation de trois équipements complémentaires, la consommation a baissé de 20 à 25 %, soit environ 20 000 € d’économies annuelles.
Situation initiale de l’exploitation
L’exploitation est située dans la Somme, en Picardie. La serre verre multichapelle couvre 4 200 m² et produit des tomates sous abri chauffé de février à novembre. Le chauffage fonctionne au gaz naturel, avec une facture annuelle de 89 000 €.
Plusieurs problèmes techniques affectaient la production :
- Condensation abondante sur les parois vitrées, provoquant des gouttes sur les cultures.
- Déperditions thermiques par la toiture, avec des écarts de température marqués entre le haut et le bas de la serre.
- Surconsommation de chauffage liée à un renouvellement d’air non contrôlé.
- Développement de botrytis favorisé par l’humidité stagnante.
L’exploitant constatait des pertes de rendement sur ses tomates et une consommation de gaz en hausse chaque année. La facture d’énergie représentait le premier poste de charges de l’exploitation.
Diagnostic thermique de la serre
Un audit énergétique a été réalisé sur site pour identifier les points de déperdition. Les mesures thermographiques ont révélé trois zones critiques.
Toiture vitrée : responsable de 45 % des pertes thermiques totales. L’absence d’écran thermique laissait la chaleur s’échapper par rayonnement infrarouge durant la nuit. La température sous toiture chutait de 8 à 10 °C par rapport au niveau des cultures.
Périmètre au sol : les fondations et la jonction sol-paroi créaient un pont thermique continu. Les mesures indiquaient des pertes de 15 à 20 % sur la périphérie de la serre.
Ventilation passive : les ouvrants, même fermés, laissaient passer un débit d’air parasite estimé à 2,5 volumes par heure. Ce renouvellement non maîtrisé entraînait une évacuation constante de la chaleur produite par le chauffage au gaz.
Le diagnostic a confirmé un potentiel d’économie de 20 à 25 % sur la facture d’énergie, sans modification des pratiques culturales.
Solutions mises en œuvre
Trois équipements ont été installés pour traiter les déperditions identifiées lors du diagnostic.
Écran thermique motorisé : un écran aluminisé a été déployé sous la toiture sur toute la surface de la serre. Déployé la nuit et par temps couvert, il réduit les pertes par rayonnement de 40 à 50 %. Le système se rétracte automatiquement en journée pour laisser passer la lumière nécessaire aux cultures de tomates.
VMC double flux : un système de ventilation mécanique contrôlée avec échangeur thermique remplace la ventilation passive. Il extrait l’air humide et récupère jusqu’à 70 % de sa chaleur pour préchauffer l’air entrant. Ce dispositif permet d’éliminer la condensation tout en maintenant l’efficacité du chauffage.
Isolation périmétrique : des panneaux isolants ont été posés sur le soubassement de la serre, sur une hauteur de 80 cm et une profondeur de 60 cm. Cette intervention supprime le pont thermique au sol et permet de conserver la chaleur dans la zone racinaire.
L’ensemble des travaux a été réalisé en 12 jours ouvrés, sans interruption de la production.
Résultats mesurés après installation
Les résultats ont été mesurés sur une saison complète de chauffage, comparée à la saison précédente dans des conditions climatiques similaires.
Facture d’énergie : passage de 89 000 €/an à environ 69 000 €/an, soit une réduction de 20 000 € par an. Cette baisse correspond à une économie d’énergie de 22 % sur le poste gaz naturel.
Température nocturne : stabilisation à 18-19 °C contre 16-18 °C auparavant, avec moins de relances du chauffage en seconde partie de nuit.
Condensation : réduction de 90 % des épisodes de condensation. Les gouttes sur les cultures ont disparu grâce à la récupération d’énergie sur l’air et au contrôle hygrométrique.
Rendement cultural : hausse de 8 % du rendement tomate, attribuée à la réduction des maladies fongiques et à la stabilité thermique. Le botrytis a reculé de 11 % à 3 % des plants affectés.
Homogénéité climatique : écart de température réduit à 2 °C maximum entre les différentes zones de la serre, contre 6 à 8 °C avant les travaux.
Financement du projet
L’intégralité des travaux a été financée par le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Le reste à charge pour l’exploitant a été de 0 €, selon éligibilité et sous réserve d’instruction du dossier.
Le mécanisme CEE fonctionne ainsi : les fournisseurs d’énergie financent les travaux d’efficacité énergétique chez les professionnels agricoles. En contrepartie, ils obtiennent des certificats attestant des économies générées. L’exploitant bénéficie des équipements sans avance de trésorerie.
L’ADEME encadre ce dispositif au niveau national, comme le confirme la documentation disponible sur le site de l’ADEME.
Le calendrier du projet s’est déroulé sur 10 semaines :
- Diagnostic et audit thermique : 2 semaines.
- Constitution du dossier CEE : 3 semaines.
- Validation et accord de financement : 3 semaines.
- Travaux et mise en service : 2 semaines.
Pour calculer les économies réalisables sur votre exploitation, un diagnostic préalable permet d’estimer le potentiel selon la surface, le type de serre et le mode de chauffage.
Le ministère de l’Agriculture soutient ces démarches dans le cadre de la transition énergétique agricole, comme indiqué sur le portail du ministère.
Questions fréquentes
Ces résultats sont-ils transposables à d’autres régions ?
Les performances dépendent du climat local, du type de serre et du mode de chauffage. En Picardie, le nombre élevé de jours de chauffe (180 à 200 par an) maximise les économies. Des exploitations dans le Nord et en Normandie obtiennent des résultats comparables. Les régions plus douces bénéficient d’économies en valeur absolue plus faibles mais proportionnellement similaires.
Quel entretien nécessitent les équipements installés ?
L’écran thermique nécessite une vérification annuelle de la motorisation et un nettoyage tous les 3 ans. La VMC double flux demande un remplacement des filtres tous les 3 mois et une inspection de l’échangeur une fois par an. L’isolation périmétrique ne requiert aucun entretien.
La VMC double flux est-elle compatible avec le chauffage au gaz existant ?
Le système est installé en complément du chauffage existant. Il ne remplace pas la chaudière mais réduit son temps de fonctionnement grâce à la récupération de chaleur. La régulation s’intègre au système de pilotage climatique de la serre.
Combien de temps faut-il pour constater les résultats ?
Les effets sur la condensation et la température sont immédiats dès la mise en service. La mesure fiable des économies sur la facture gaz nécessite une saison complète de chauffage (octobre à avril) pour une comparaison pertinente avec la consommation antérieure.
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